Santé féminine : Le Syndrôme des Ovaires Polykystiques (SOPK)

Les maladies chroniques féminines

Selon Santé.gouv, « une maladie chronique est une affection de longue durée, évolutive, qui impacte la vie quotidienne et peut entraîner des incapacités ou des complications graves. »

Les maladies chroniques féminines regroupent un ensemble de troubles de santé affectant spécifiquement les femmes, en raison de leur anatomie ou de leurs particularités hormonales. Parmi elles, nous allons vous présenter trois pathologies majeures : le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK), l’endométriose et l’adénomyose. Aujourd’hui, nous parlerons du SOPK.

Le SOP’KOI ?

Le syndrome des ovaires polykystiques ( SOPK ) est l’une des affections hormonales les plus courantes chez les femmes en âge de procréer. Il concerne environ 1 femme sur 7. Habituellement, il débute dès l’adolescence mais les symptômes fluctuent dans le temps et le diagnostic peut être tardif. D’après l’OMS, 70% des cas ne sont pas diagnostiqués.  

Il est urgent d’informer et de parler du SOPK, qui a un fort impact sur la qualité de vie de nombreuses femmes, et qui pourtant est assez méconnu. 

Le SOPK résulte d’un dérèglement hormonal, qui peut avoir une origine ovarienne et/ou centrale (au niveau du cerveau). Il conduit à une production excessive d’hormones androgènes – normalement produites en petites quantités chez les femmes – ce qui entraîne souvent une élévation du taux de testostérone dans le corps des femmes concernées.

Le SOPK peut provoquer des déséquilibres hormonaux, des troubles du cycle menstruel, des taux excessifs d’androgènes, des follicules persistants sur les ovaires, des douleurs, des difficultés à concevoir… Ses impacts biologiques et psychologiques du SOPK peuvent entraîner des troubles de santé mentale et exposer à une stigmatisation sociale. 

Le SOPK est une maladie chronique pour laquelle il n’existe actuelle

ment aucun traitement curatif. Certains symptômes peuvent néanmoins être améliorés par des modifications dans le mode de vie, des médicaments ou des traitements, un point que nous approfondirons plus tard.

Les Causes du SOPK

Actuellement, les causes du SOPK ne sont pas clairement identifiées. Mais les pistes de l’exposition  à des polluants chimiques ou à des perturbateurs endocriniens et la transmission épigénétique sont étudiées.

Les Symptômes du SOPK

Les symptômes du SOPK varient d’une femme à l’autre, tant en nombre qu’en intensité. Parmi eux, on retrouve notamment :

  • Des troubles du cycle menstruel : règles abondantes, longues, irrégulières, imprévisibles ou absentes
  • Des douleurs pelviennes et musculaires
  • Des difficultés à concevoir (infertilité)
  • Des troubles métaboliques et hormonaux :
  • Une résistance à l’insuline
  • Une prise de poids, particulièrement au niveau abdominal
  • Difficultés à perdre du poids malgré une alimentation équilibrée et une activité physique
  • Perte de poids
  • Une baisse de la libido
  • Des manifestations cutanées et capillaires :
  • Acné, peau grasse
  • Une pilosité excessive sur le visage ou le corps (hirsutisme)
  • Une perte de cheveux
  • Des troubles neurologiques et psychologiques :
  • Fatigue persistante et troubles du sommeil (insomnies, sommeil non réparateur)
  • Maux de tête ou migraines
  • Troubles de l’humeur : anxiété, dépression, irritabilité
  • D’autres symptômes possibles :
  • Douleurs articulaires ou musculaires
  • Troubles digestifs (ballonnements, syndrome de l’intestin irritable)

Il est important de noter que toutes les femmes atteintes du SOPK ne présentent pas les mêmes symptômes, et qu’il n’est pas nécessaire de tous les avoir pour poser un diagnostic. Cette liste n’est pas exhaustive, car d’autres symptômes peuvent être associés au syndrome.

Les femmes atteintes du SOPK sont plus sujettes à développer des complications et d’autres problèmes de santé à long terme, parmi lesquels :

  • Un diabète de type 2
  • Une hypertension artérielle
  • Une hypercholestérolémie (excès de cholestérol dans le sang)
  • Un risque accru de maladies cardiovasculaires (cardiopathies)
  • Un risque plus élevé de cancer de l’endomètre

Au-delà des effets physiques, le SOPK peut aussi impacter d’autres aspects de la vie, tels que les relations familiales et sociales, la vie professionnelle ou encore la participation aux activités du quotidien.

Le Diagnostic du SOPK

Le diagnostic du SOPK peut être complexe et souvent retardé, car les signes initiaux sont parfois perçus comme des variations normales. Les troubles menstruels, comme des règles irrégulières ou absentes, et des signes de déséquilibre hormonal, tels que l’acné ou la pilosité excessive, sont les principaux indicateurs. 

Pour confirmer le SOPK, deux des trois critères de Rotterdam doivent être présents : des signes d’excès d’hormones masculines, des ovaires gonflés avec un aspect « polykystique” et des ovulations absentes ou rares. Les examens nécessaires sont alors une échographie associée à une prise de sang. Ces étapes sont cruciales pour qu’un professionnel de santé puisse établir un diagnostic clair.

La Prise en charge et soins du SOPK

e SOPK est une pathologie qui demande une prise en charge complète et diversifiée, étant donné la diversité de ses symptômes et leur impact sur plusieurs aspects de la santé.

 Un suivi médical régulier est essentiel pour identifier d’éventuelles carences et ajuster les traitements en conséquence. Il est recommandé de consulter un endocrinologue ou un gynécologue pour suivre l’évolution de la maladie.

D’autres professionnels peuvent intervenir selon les besoins : un diététicien ou un nutritionniste spécialisé dans la maladie, un psychologue ou un psychiatre pour prendre en charge les aspects émotionnels, ou encore un sophrologue, un sexologue, un ostéopathe ou un kinésithérapeute.

Quant au traitement, il n’existe pas de remède unique, mais des traitements ciblés permettent de gérer les symptômes. Parallèlement, des ajustements dans le mode de vie, tels qu’une alimentation saine, de l’exercice physique et parfois des traitements hormonaux, sont conseillés pour améliorer la qualité de vie et limiter les risques de complications.

Vous pouvez vous renseigner sur des sites comme ma-patho.com pour trouver vos professionnels de santé. Et enfin, des associations comme Asso’SOPK peuvent offrir un espace pour sensibiliser, échanger et partager des expériences, sans jugement.

Parlez-en avec vos infirmièr-es, ils-elles pourront vous soutenir, participer à votre information, vous apporter des conseils hygiéno-diététiques adaptés à vos besoins et vous orienter vers des professionnel-les spécialisé-e-s. Vous n’êtes pas seule !

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